La plupart des habitations comporte une gouttière, cette petite rigole aux abords du toit qui permet l’écoulement des eaux de pluie. Mais quelle réglementation encadre la pose d’une gouttière ? Comment bien choisir le type et le matériau de sa gouttière ? Voici pourquoi la gouttière est indispensable à votre maison !

Une réglementation spécifique

Lorsque vous choisissez la gouttière à apposer sur votre maison à l’occasion de travaux de rénovation, vous devrez au préalable consulter le plan d’urbanisme de votre commune (PLU). Ce document mentionnera ainsi la forme et le matériau obligatoire pour votre gouttière. Il est donc impératif de le consulter avant de faire votre choix.

La gouttière doit comporter la mention de la norme caractéristique du type de matériau utilisé, comme la NF EN 607 (PVC) ou NF EN 612 (métal laminé). Vérifiez aussi l’emballage sur lequel vous devrez retrouver quatre sigles liés à la résistance aux UV, au gel, aux chocs et à la rupture, à la corrosion.

Quels matériaux pour la gouttière ?

En tenant compte des caractéristiques mentionnées dans le PLU, vous devrez choisir le matériau de votre gouttière en fonction de votre lieu d’habitation, du climat mais aussi de la longévité de ce système d’écoulement des eaux de pluie.

Avec un budget réduit, vous opterez pour le PVC. Léger, facile à poser, il est également résistant à la corrosion. Toutefois, sa longévité est plutôt moyenne et il est souvent peu esthétique.

Une gouttière en cuivre a l’avantage d’être un matériau résistant et noble. Elle ne craint pas l’oxydation et sa longévité peut atteindre près de 50 ans lorsqu’elle est bien entretenue. Le cuivre reste néanmoins un matériau coûteux.

Lorsqu’une gouttière est assez longue, on privilégie plutôt l’aluminium, qui est à la fois très léger, résistant et esthétique. Ce matériau permet aussi de nombreux profilés et une variété de coloris.

Dans les régions froides, préférez le zinc pour sa forte résistance à la corrosion et aux basses températures. Ce matériau peut durer plus de 50 ans mais sa mise en œuvre est difficile. Son prix est alors élevé.

Enfin, il existe également des gouttières en acier galvanisé, l’un des matériaux les plus solides, avec une grande longévité, ou en bois offrant une bonne résistance aux intempéries et aux variations de température, mais son installation reste complexe à cause de son poids.

Les différents types de gouttière

Le type de gouttière peut être spécifique au climat de votre région, aux traditions locales, mais également au matériau choisi et à l’inclinaison du toit. Il existe toutefois trois grands types de gouttière :

La gouttière pendante ou demi-ronde

Lorsqu’on l’observe de profil, elle forme un cercle non fermé. C’est le type de gouttière le plus répandue grâce à sa facilité de pose avec des crochets sous l’égout de toiture ou sur la planche de rive.

Une gouttière pendante peut prendre différentes formes :

  • En gouttière carré : elle est carrée lorsqu’on la regarde de profil, elle est utilisée pour les bâtisses imposantes ou rustiques ;
  • En gouttière moulurée : sa section est un carré basique, avec des moulures sur la face opposée à la maison. Elle est le plus souvent posée sur des maisons anciennes ;
  • En gouttière lyonnaise : elle est spécifique de la région lyonnaise et intègre un pli intérieur qui renforce sa rigidité ;
  • En gouttière à l’anglaise : elle possède une forme demi-ronde avec un gros ourlet dont le développement latéral est inconstant pour l’ourlet reste de niveau

La gouttière rampante

Cette gouttière a la forme d’une canalisation posée sur le bas du rampant, avec leur dosseret dans le plan du rampant ou reposant sur une corniche. On retrouve deux variantes selon les régions :

  • La gouttière havraise, ardennaise ou rouennaise est proche de la demi-ronde. Elle s’intègre à la couverture grâce à une bande de zinc fixée en bas de pente.
  • La gouttière nantaise (ou Laval) est très esthétique. Elle ressemble beaucoup à la havraise mais comprend à l’extrémité un ourlet cylindrique ouvert.

Le chéneau

Le chéneau est généralement en pierre, en terre cuite ou en métal. Il collecte les eaux ruisselantes de la base de la toiture ou d’un pan de mur pour les évacuer vers la gouttière et les tuyaux de descente d’eau pluviale. Il prend la forme d’un caniveau posé dans un caisson en bois, reposant sur une corniche à la base de la toiture. Il s’agit de l’ancêtre de la gouttière et il est utilisé pour les grandes surfaces de toiture. Il répond à des impératifs spécifiques à la fois techniques et esthétiques.

On identifie deux types de chéneaux :

  • Le chéneau à encaissement : Il est maintenu par un gabarit en bois en appui sur la maçonnerie ou la charpente ;
  • Le chéneau à l’anglaise : Il s’agit d’une gouttière enfermée dans un caisson en bois. Cela permet d’éviter toute déformation des profilés en cas de circulation sur le toit.

Quels accessoires et éléments complémentaires ?

Pour qu’elle soit pleinement efficace dans la collecte des eaux pluviales, la gouttière doit être associée à plusieurs accessoires et éléments. Ainsi, le bandeau rive viendra supporter les crochets ou supports permettant l’accroche des profilés. Les descentes de gouttière ou les chaînes de gouttières verticales vont diriger les eaux pluviales vers le bas en direction du collecteur de gouttière.

Afin d’éviter tout bouchon dû à l’accumulation de feuilles mortes, d’insectes, de branchages ou encore de nids d’oiseau, les évacuations doivent être protégées. La crapaudine en forme d’araignée se positionne à l’entrée de la naissance de la gouttière. Le stop-feuilles gouttière est un grillage perforé posé sur toute la longueur de la gouttière, à l’intérieur des profilés.

Comment bien choisir sa gouttière ?

Le choix de votre gouttière se fera bien évidemment en fonction des réglementations locales comme le PLU, mais également en fonction des spécificités de votre région. On étudiera également la descente, la couverture, la façade et les conditions climatiques (pluviométrie, vents, température, etc.) que subissent votre habitation pour déterminer la forme et le type de gouttière.

Selon la surface de votre toiture, il faudra adapter le développement et la pente de la future gouttière pour s’assurer d’évacuer correctement toute l’eau pluviale du toit. Pour cela, il existe différentes méthodes de calcul selon le type de gouttière.

Quelle que soit la gouttière retenue pour votre maison, celle-ci s’avère être un élément indispensable pour garantir la protection de la toiture et de la façade de votre habitation contre les eaux pluviales.